Transfair Minka

Coton

Le coton labellisé Fairtrade garantit à ses producteurs d'Afrique et d'Inde des revenus équitables. Il est une réponse aux injustices du marché conventionnel mondial. Pour le consommateurs du Nord, le coton Fairtrade est beau, de qualité et sans OGM.

NOUVEAU: devant les risques de dépendance des producteurs vis-à-vis des semences génétiquement modifiées, les standards Fairtrade en interdisent l'utilisation.

Le coton labellisé commerce équitable est sans OGM. Les standards de l'association interdisent l'utilisation de semences génétiquement modifiées aux producteurs de coton certifiés. Sur le terrain, l'application de cette directive est vérifiée par des inspections annuelles. Une agriculture respectueuse de l'environnement est, au contraire, une des conditions essentielles du commerce équitable. De plus, la conversion à l'agriculture biologique est encouragée par une prime supplémentaire pour les produits qui en sont issus. Si le coton génétiquement modifié représente 40% de la production des Etats-Unis et 66% de celle de la Chine, le coton du commerce équitable est produit par des petits producteurs de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (du Mali, Sénégal, Burkina-Faso et Cameroun). Pour le consommateur, les seuls vêtements en coton garantis sans OGM sont donc ceux issus du commerce équitable et de l'agriculture biologique.

En Afrique: une culture de la plante coton encore traditionnelle

A hauteur de 40%, le  coton représente la première source de fibres utilisées au niveau international et une ressource essentielle pour l'économie des pays en développement. En Afrique, la production cotonnière est encore traditionnelle dans de petites exploitations familiales. La culture est pluviale et la surface cultivée est en moyenne de 1 hectare, en rotation avec des cultures commerciales comme le mil et l'arachide. Les cultures vivrières telles que le maïs, le millet et le sorgho sont aussi cultivées pour la consommation familiale et le faible surplus est vendu sur le marché local. La culture du coton demande beaucoup de main-d'oeuvre et est peu mécanisée.

Semé de mai à juillet, au moment des premières pluies, la récolte manuelle du coton a lieu de novembre à décembre. Le rendement est en moyenne de 1,2 tonne par hectare. Le coton graine est trié puis pesé au village en présence du producteur et d'un exportateur qui achète alors la totalité de la récolte.

Le coton est ensuite égrené et délinté pour extraire la fibre, qui représente 85% de la valeur marchande du coton graine. Une fois égrené le coton est mis en balles dans des magasins de stockage. S'ensuivent trois autres transformations: la filature, le tissage et la confection. Les graines de coton sont récupérées pour en faire de l'huile de coton, du savon et pour entrer dans la fabrication d'aliments pour bétail.

Le coton dans le monde: la survie de millions de producteurs d'Afrique de l'Ouest

Une centaine de pays produisent du coton dans le monde. 80 sont des pays en développement (PED) et 28 d'entre eux sont répertoriés par l'ONU comme pays les moins avancés (PMA). La Chine est le premier producteur de coton dans le monde. Elle est suivie par les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan. Ces quatre pays représentent les deux tiers de la production mondiale. Alors que les Etats-Unis produisent 20% du coton dans le monde, ils sont le premier exportateur puisque, depuis 2001, en moyenne, 56% de la production cotonnière américaine et exportée.
En Inde, troisième producteur mondial de coton, dix millions de foyers dépendent de la culture du coton pour subsister. En Afrique de l'Ouest et du Centre, 15 à 20 millions de personnes dépendent directement de la récolte du coton. La filière coton y joue un rôle économique majeur où deux millions d'agriculteurs produisent en moyenne plus de deux millions de tonnes de coton graine. Au Bénin, les exportations de ce produit de base représentent environ le tiers des exportations totales du pays et environ 45% de la population rurale est directement ou indirectement tributaire des revenus du coton. Cette situation est caractéristique de l'ensemble des filières ouest-africaines: avec près de 40% de la population rurale (environ 2,5 millions de personnes employées dans la filière cotonnière malienne), les exportations de coton représentent plus du tiers des exportations du pays.

Aux Etats-Unis: une production mécanisée et subventionnée
Les Etats-Unis aiment à croire que les principes de libre marché qu'ils encouragent, ouvrent la voie de la prospérité aux pays pauvres. Mais dans le cas particulier du coton, ce sont bien les subventions nord-américaines qui ont contribué à tuer les négociations du cycle de développement, dit de Doha. Les Etats-Unis y ont proposé d'ouvrir leur marché aux importations de coton alors que ce sont les subventions qu'ils octroient à leurs agriculteurs qui faussent la donne du marché mondial. Les producteurs de coton américains exportent leur coton à des prix encore plus bas que ceux du marché mondial, des prix qui ne permettent pas aux cultivateurs de coton africains de survivre.

Les cultivateurs de coton américains, quant à eux, jouent avec la fibre sensible de l'histoire américaine pour exercer, à travers le National Cotton Council, un lobbying appréciable sur les instances dirigeantes du pays: la guerre de Sécession, crise politique la plus profonde du pays, au cours de laquelle le coton a joué un rôle important.
Les 25.000 producteurs de coton américains non seulement reçoivent des subventions massives surtout destinées aux industries de transformation et aux exportateurs de coton, mais bénéficient aussi de règles commerciales protectionnistes encourageant la consommation du coton américain.

La culture y est très mécanisée, entraînant régulièrement l'augmentation des superficies cultivées et de la productivité par hectare. Les avancées technologiques, notamment de nouvelles variétés de semences, les engrais, les pesticides et les machines, s'y sont également accrues. Dans la "Cotton Belt", située dans la partie sud du pays, le Texas regroupe le plus grand nombre d'exploitations cotonnières. Le nombre de 25.000 producteurs est en baisse constante parallèlement à une taille moyenne des exploitations qui a plus que doublé.

Sans subventions, les producteurs américains ne pourraient survivre. Les coûts de production sont effectivement trop élevés. Parallèlement, les prix mondiaux sont tirés vers le bas à cause d'une surproduction encouragée, entre autres, par les subventions. Des plaintes ont été déposées à l'OMC par les producteurs ouest-africains afin de changer la donne.
Mais grâce aux subventions, le coton américain et européen (produit en Grèce et en Espagne) s'exporte mieux que le coton africain.

Un marché mondial qui ne laisse aucune chance aux producteurs africains
Selon un rapport de l'International Cotton Advisory Committee (ICAC), le coton africain est moins cher et de meilleure qualité que le coton américain. Et pourtant, la misère des uns contraste avec la mécanisation forcée des autres. Les régions africaines de production du coton sont aussi souvent les plus marginalisées, où les services de base sont très minimes, aux taux de mortalité plus élevés et taux d'alphabétisation a contrario plus bas. La culture du coton contribue aussi dans ces pays à l'implantation d'unités industrielles comme des filatures, teintureries, huileries, etc. Les producteurs de coton africains ne peuvent se rabattre sur leur marché local ou régional. Ils sont très dépendants de leurs exportations. Ils exportent près de 95% de leur production et sont donc très exposés aux fluctuations des cours mondiaux de la fibre et du taux de change du dollar.

L'offre sur le marché mondial est trop grande, la surproduction fait, en toute logique, baisser les prix. En 2001, par exemple, le prix du coton a chuté de 40%, atteignant un prix aussi bas que dans les années 70. Depuis, les cours ont une dangereuse tendance à la baisse du fait que l'industrie textile recourt de plus en plus aux tissus synthétiques. La consommation de coton baisse alors que la production, notamment en Afrique, n'a fait qu'augmenter.

Commence alors pour les petits producteurs de coton la spirale du surendettement: une chute des cours ou une mauvaise récolte suffit pour qu'un petit producteur ne puisse rembourser l'emprunt contracté en début de saison pour les semences. Il se retrouve donc dans l'obligation d'en contracter un nouveau auprès d'un usurier pratiquant des taux exorbitants.

Le coton: une catastrophe chimiquement durable
Alors qu'il ne couvre que 2,4% des terres arables dans le monde, le coton conventionnel est une plante dont la culture nécessite un usage massif de pesticides, environ  15% des pesticides utilisés dans le monde lui sont destinés et 25% de tous les herbicides. Dans les pays développés, l'utilisation de produits dangereux se fait normalement en prenant certaines précautions pour l'environnement et la santé des producteurs. Dans les pays en voie de développement, par contre, c'est rarement le cas. Des dizaines de milliers de travailleurs y meurent suite à un empoisonnement aux pesticides.
De plus, le coton est un éternel assoiffé. Ses besoins en eau sont tels que le cultiver de façon incontrôlée peut avoir des conséquences catastrophiques sur l'environnement. La mer d'Aral a ainsi perdu les trois quarts de son volume d'eau depuis 1960, entraînant des bouleversements sans précédents dans les pays voisins: changement climatique, nouvelles pathologies...

Le coton a un label: Fairtrade
Sur le marché mondial, les petits producteurs de coton d'Afrique ou d'Inde sont mis directement en concurrence avec les gros producteurs des pays riches. Et ils ne font pas le poids. Depuis 1999, ils filent un mauvais coton à cause des chutes successives des prix. Au moment de semer le coton, rien ne leur garantit que le prix de vente leur permettra de rentrer dans leurs frais. Grâce à la filière du commerce équitable, les petits producteurs reçoivent un prix minimum garanti couvrant les coûts de production et des conditions de vente favorables. Pour cela, ils se rassemblent en structures démocratiques et transparentes qui reçoivent, en plus du prix, une prime de développement pour financer des projets sociaux, d'équipement, de formation... Cette prime donne aux petits producteurs un niveau de vie durable et profite à la communauté entière.

La filière Fairtrade encourage aussi les producteurs de coton à réduire l'utilisation des produits chimiques et à développer des méthodes de culture biologique. Les standards Fairtrade ont pour objectif de créer un équilibre entre la protection de l'environnement et les résultats économiques. Les producteurs appliquent la rotation des cultures, la culture sous ombrage... Une liste de plus de cent pesticides reconnus comme dangereux sont interdits. De plus, des mesures doivent être prises pour la gestion de l'eau, de la fertilité des sols, la lutte anti-érosive, la gestion des déchets. Enfin, les OGM sont strictement interdits. Des inspections annuelles sont organisées sur le terrain pour garantir l'application de cette directive: si un producteur utilise de manière délibérée une semence génétiquement modifiée, l'organisation dont il est membre perdra sa certification.

La culture biologique est encouragée par un prix minimum garanti plus élevé pour le coton bio.

En septembre 2007, le coton Fairtrade a fait son entrée au Luxembourg
Pendant de longues années, les produits du commerce équitable étaient surtout alimentaires. L'introduction du coton marque une étape importante dans l'élargissement, tout en douceur, de la gamme des produits Fairtrade!

Au Luxembourg, le coton Fairtrade a deux "ambassadrices" de charme: la musicienne et actrice, Sascha Ley, et Tessy Scholtes, vice-championne du monde de karaté en 2002.
Pour elles, le choix Fairtrade a été immédiat.

«Quand je fais mon shopping et que je choisis du linge du commerce équitable, je me sens bien dans ma peau! Tout d’abord parce que le coton Fairtrade est doux pour elle, mais aussi pour les agriculteurs du Sud qui l’ont produit. On a tous droit à la douceur de vivre et, surtout, à un juste salaire en récompense de son travail!», explique Sascha Ley.

Quant à Tessy Scholtes, c’était pour elle "naturel de soutenir le commerce équitable avec mon nom car je ne vois que du positif dans cette initiative. Ainsi, on ne soutient pas seulement les producteurs, mais on sait aussi que l’on achète des produits d’une grande qualité, qui sont souvent issus de l’agriculture biologique. Ces textiles sont à la mode, agréables à porter et produits sans colorants chimiques. Je pense qu’une fois qu’on a vu les vêtements et qu’on les a en main, le choix est vite fait!"

 

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