A l'origine: le cacaoyer des Aztèques
Il y a 2600 ans, en Amérique latine, les Mayas et les Aztèques buvaient du chocolat. Le cacaoyer était considéré caomme une plante médicinale et servait à la confection de boissons. Il s'agissait en fait d'un mélange de cacao, d'eau et d'épices et cette boisson était surtout dégustée lors de cérémonies religieuses. Après les invasions espagnoles, le chocolat chaud traverse l'Atlantique et se répand en Europe. Il y est mélangé à du lait et conserve le nom de chocolat. Au XIXe siècle, l'invention de la presse hydraulique, pour extraire le beurre de cacao, par le Hollandais Van Houten et la mise au point du processus de fabrication du chocolat jetèrent les bases de l'industrie chocolatière. Pour augmenter la production de cacao, celle-ci est alors dirigée vers les colonies d'Afrique de l'Ouest.
Aujourd'hui encore, 70% de la production mondiale provient d'Afrique de l'Ouest. Plus de vingt millions de personnes dans le monde vivent de la production de cacao. La plus grande partie de la production de cacao provient de petits planteurs: 90% de la production est assurée par des petits producteurs qui possèdent moins de 5 hectares. En Afrique, la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, suivie du Ghana, de l'Indonésie, du Nigéria et du Brésil. Les pays producteurs participent peu à la transformation du cacao: leurs exportations se chiffrent à 2 milliards de dollars par an, tandis que les ventes réalisées par les confiseurs se chiffrent à 60 milliards de dollars!

Parallèlement, six multinationales trônent sur 80% du marché du chocolat. Un chocolat consommé, pour plus de 90% de sa production, dans les pays industrialisés. Les petits producteurs, isolés, ne font pas le poids face aux puissantes multinationales du chocolat qui leurs achètent leur cacao à des prix ne couvrant, bien souvent, pas les coût de production. De plus, les prix mondiaux du cacao sont extrêmement volatiles et soumis à la spéculation boursière. Le cacao, comme le café, est vendu à la Bourse de New York et de Londres. Les prix réels ont chuté de 71% entre 1980 et 2000. S'y ajoutent une longue chaîne d'intermédiaires pour que les petits producteurs arrivent à commercialiser leur récolte et l'absence d'institutions de crédits qui leur permettraient d'investir pour leur avenir.
Les faibles revenus perçus par les agriculteurs ne leurs permettent pas de répondre à leurs besoins essentiels. Aussi, met-on les enfants au travail de plus en plus tôt. De nombreux enfants travaillent dans les fermes de cacao à des tâches difficciels comme la cueillette des cabosses, l'extraction des graines à la machette, l'application de pesticides, sans équipement ni protection. Un véritable trafic d'enfants s'est progressivement développé. Le commerce équitable améliore les conditions de travail des producteurs et permet ainsi de combattre le travail des enfants.
Le cacao du commerce équitable
Les petits producteurs peuvent participer au commerce équitable au travers d'organisations (de type coopératives) qui permettront le développement social, économique et durable de leurs communautés et qui sont gérées démocratiquement par leurs membres.
Ces coopératives doivent respecter des conditions de travail décentes. Les coopératives agréées Fairtrade / TransFair sont régulièrement contrôlées par FLO Cert., un organisme indépendant, membre du réseau international du commerce équitable. Ces contrôles réguliers s'assurent d'une gestion transparente des coopératives et vérifie, notamment, si l'argent supplémentaire du commerce équitable est bien versé aux producteurs et que la prime de développement est bien utilisée au développement de la communauté.
Quatre standards fondamentaux du commerce équitable sont inhérents au label porté par les produits contenant du cacao Fairtrade:
1. un prix minimum couvrant les frais de production et les beoins essentiels des producteurs
2. une prime de développement permettant des investissements communautaires
3. un achat direct par l'importateur
4. la possibilité de préfinancement des récoltes pour éviter l'endettement des familles productrices
TransFair encourage également le développement de méthodes de productions respectueuses de l'environnement.
Une réussite exemplaire: la coopérative Kuapa Kokoo
Créée en 1993 pour résister à la libéralisation du marché du cacao imposée par le gouvernement ghanéen en 1992, la coopérative Kuapa Kokoo Union s’est depuis développée pour venir en aide et soutenir les petits paysans producteurs de cacao. La coopérative s’est organisée et collabore avec FLO International depuis sa création, afin de permettre à ses membres de bénéficier des principes du commerce équitable. Elle compte désormais 45 000 membres et possède 45% de la société "Divine Chocolate" , fondée en Grande-Bretagne en 1998 et qui fabrique du chocolat en Allemagne.
Grâce au prix minimum Fairtrade et à la prime de développement, les paysans de Kuapa Kokoo ont pu développer des projets sociaux comme la construction d’écoles, de réseaux d’adduction d’eau et d’unités de fabrication de savon. Ont également été achetés deux fourgons mobiles de cinéma pour le programme d'éducation des producteurs.
Le cacao: à consommer sans modération !
Si le cacao est toxique pour le chien – le cacao contient de la théobromine, et à titre indicatif, une tablette de 200 grammes de chocolat noir peut tuer un chien de race moyenne! –, il n'en est pas de même, et heureusement, pour l'homme.
Consommer régulièrement du cacao a même quelques avantages:
- le cacao a un effet positif sur le cholestérol;
- le cacao stimule les activités intellectuelles;
- le cacao donne une jolie peau (il favorise la restructuration de l'épiderme, la regénération des cellules et prévient la déshydratation de la peau);
- le cacao prévient la fatigue, stimule la circulation sanguine et même le système nerveux central.